Cabane recyclage palettes consommation réfléchie

Extrêmement réfléchie.

Vous avez déjà entendu parlé d’écologie extrême ?  C’est ce qu’on peut lire ou entendre parfois lorsqu’on pratique une consommation réfléchie. « Hannn, tu achètes des pâtes en vrac, c’est pas un peu extrême là ? »

Extrême, non. Je vois ça plutôt comme une dose de liberté et d’indépendance. Paradoxe pour ceux qui voient dans l’usage des éponges lavables et la culture potagère le degré ultime de l’aliénation. Ce ne sont là que des détails de ma nouvelle vie, mais ils symbolisent ce que j’ai récupéré en liberté.

Ce long cheminement de mon mode de vie a commencé il y a dix ans par l’achat de ma première coupe menstruelle (Beurk ! ont dit mes amies). Et j’ai abandonné ou modifié au fur et à mesure mes habitudes quotidiennes. On ne change pas tout sur l’instant.

C’est parfois un geste que l’on fait différemment, qui ne prend pas plus de temps, mais par quoi le changement arrive. Le coton à démaquiller que je ne jette plus à la poubelle mais que je mets dans mon panier de linge sale. Il sera lavé avec le reste de la lessive, et réutilisé la semaine suivante. Le geste est le même, mais ma main ne va pas vers la poubelle, c’est tout. Et je vous assure que ce n’est pas compliqué à entretenir, ça passe en machine avec le reste (de toute façon il y a longtemps que je ne trie plus le linge et que je lave tout à 40° au savon de Marseille et bicarbonate, ça non plus ça ne coûte pas plus cher et ça change des choses).

Il ne s’agit pas de militantisme hippie ou de radicalisme décroissant comme on me l’a souvent opposé. Il s’agit tout simplement de s’affranchir des injonctions d’un modèle qui depuis longtemps nous inculque qu’il n’y a pas d’autres manières de faire, à moins de revenir à la bougie, etc.. En procédant différemment, j’affirme que j’ai le choix. J’ai le choix de ne pas consommer des éponges fabriquées avec toute la gamme des connaissances en pétrochimie. J’ai le choix de ne pas remplir ma poubelle avec des emballages moches et polluants, que je retrouverais flottants au vent si par malheur un chien renverse les poubelles dans le hameau. J’ai le choix de ne pas me laver avec un gel douche dont la composition n’a rien à envier aux mélanges les plus fous de la « Chimie amusante », le tout emballé dans un flacon fluo non recyclable.

Je ne vous cache pas qu’il y eu des ratés, retentissants parfois. Mais j’essaie, je teste, dans la limite de ce que mon entourage peut supporter. Et je m’assure toujours que la nouvelle démarche ne soit pas un poids, mais une modification simple et pratique de mon quotidien. J’ai par exemple abandonné provisoirement l’idée de faire mes cosmétiques moi même, car je trouve cela un peu long, et que le résultat ne me convient pas toujours. Mais rien ne dit que ne m’y remettrais pas un jour…

Ce mode de consommation ne veut pas dire que je rejette la science, les progrès en médecine et la conquête spatiale. Je fais mes pâtes à tarte moi même simplement parce qu’elles sont meilleures. Et ça ne me bloque pas une journée, je vous assure. Je fais aussi mes yaourts, pour les mêmes raisons. Tout cela n’est pas rétrograde. Ces gestes font partie de mon quotidien, je m’y applique car j’aime ça et j’y trouve beaucoup d’intérêts (gustatifs, écologiques, financiers). Cette pratique personnelle me libère de ce rôle exclusif de consommateur qui m’a toujours déplu. Je ne suis plus dans l’achat mais dans le faire, et je m’y sens bien.

Bien sur, je ne force personne. Inutile de me dire  » Toi, tu finiras à la campagne ! « , j’y suis déjà.  😉

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Cabane d’enfant en palettes récupérées

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