cabane rouge tasse de café

Il neige.

Il neige. Rien d’exceptionnel me direz-vous, c’est l’hiver, ma bonne dame. Mais voici que cette neige providentielle nous fournit matière à réflexion. Sur l’espace que l’on habite tout d’abord. Sur notre mode de vie, ensuite.

Espace ouvert.

Les réactions des habitants des villes sont très instructives. Si l’on en croit les journaux, Paris se sent « apaisé », les citadins prennent possession de l’espace public de manière ludique, font du ski sur la Butte Montmartre et des bonshommes de neige sur les Grands Boulevards. Et même les trottoirs semblent plus larges, les voitures moins envahissantes.

Qu’en est-il dans nos campagnes ? Les limites visuelles du paysage sont effacées, les collines et les plaines paraissent sans fin, les fermes et les routes sont gommées du paysage. Nos possibilités d’exploration sont décuplées. Les taillis, les bouquets de ronces et d’orties disparaissent sous la neige. On a la sensation de pouvoir aller partout, explorer le moindre sous-bois. Et c’est tout à fait possible avec de bonnes bottes. Voici que la neige modifie le paysage et nous sentons accessible ce que nous nous interdisons d’habitude : occuper l’espace qui nous entoure en nous affranchissant des barrières naturelles, artificielles ou psychologiques.

Un espace temps différent

Ralentissement général.

Il faut être honnête, la neige, on n’a pas l’habitude. 20 centimètres de neige, avec un peu de verglas, il n’en faut pas plus pour nous obliger à rester chez nous. Il est inutile d’aller poser sa voiture au fond d’un fossé enneigé. Nos déplacements sont donc réduits à ce qui peut se faire à pieds. Je sors de la maison pour aller chercher du bois et nourrir les animaux qui ne daignent pas mettre leurs pattes dans la neige. Je leur apporte paille et grains jusque dans leurs abris. Nous n’allons pas faire les courses, et nous vidons nos placards jusqu’au dernier bocal, en attendant que ça fonde.

C’est un exercice plaisant, qui flatte notre flemme, et nous offre l’opportunité de vivre à un rythme plus lent. Tout un ensemble d’injonctions tombent à l’eau : arriver à l’heure à l’école, se dépêcher de se rendre à son travail, courir faire les courses avant la fermeture. On ne peut pas se déplacer, donc on ne se déplace pas, ce n’est pas si compliqué. La maison se transforme en chalet de vacances pour quelques jours, les combinaisons de ski et les gants sèchent près du poêle. Certains dossiers professionnels attendront quelques jours, mais pas les descentes en luge.

campagne neige luge

Il y en a certainement pour qui c’est moins poétique, mais ne boudons pas notre plaisir. All is good in the wood !

all is good in the wood

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