zero waste

Ne faites pas que manger. Cultivez vos déchets !

Il y a quelques temps l’espiègle Marjolaine de Welcome Biocoop m’a offert un livre épatant (en anglais) : Don’t throw it, grow it ! Ne jetez pas, faites pousser !Ce livre fantastique nous invite à faire pousser nos déchets de cuisine. Tout ce qui est irrécupérable, coupé, flétri ou rabougri peut potentiellement se transformer en une belle plante, et donner à nouveau de quoi remplir nos estomacs. Fascinant. Cultivons donc le  »zéro déchets » jusqu’au bout.

Je fais pousser et c’est ma joie.

Ecrit par Deborah Peterson et Milly Selsam, l’édition originale du livre date de 1977. Les deux comparses ont écumé les épiceries exotiques de New-York pour dénicher de nouveaux fruits et légumes et scrupuleusement faire pousser leurs trouvailles sur leurs rebords de fenêtres.

Peterson est l’une des fondatrices du  »Rare Pit and Plant Council »  (traduction approximative :  le Conseil des Plantes et Noyaux Rares). Elle a contribué aux Brooklyn Botanic Garden Handbooks et a donné de nombreuses conférences sur le jardinage à base de noyaux.

Destiné au jardinier urbain et aux potagers de balcons, le livre est une bonne source d’inspiration pour ceux qui possèdent quelques hectares de plus. Il est bourré de conseils techniques sur la récupération des épluchures et les méthodes de germination. L’ensemble est divisé en chapitres par types de plantes : les légumes les plus communs, les fruits et les noix, les herbes et les épices, les plantes d’Amérique Latine, les plantes d’Asie. Les auteures donnent également des instructions précises pour l’entretien, la fructification et la consommation.

zero waste from kitchen scraps
Comment faire pousser des cacahuètes ?

On a tous essayé de replanter un noyau d’avocat, et obtenu une petite plante chétive et déliquescente. Certains d’entre nous on grappillé des pépins de courgette ou de potiron pour replanter. Le livre permet de passer dans une autre dimension, où tout est possible. Disons-le clairement, faire pousser une plante à partir de cacahuète, de trognon de poireau ou de racine de gingembre, a quelque chose de fascinant, de joyeux et de complètement libérateur. Des dizaines d’aliments ont des noyaux, des graines et des racines qui attendent d’être sauvés du bac à compost et ramenés à la vie sur un rebord de fenêtre. Plantées et nourries, les lentilles se transformeront beaux végétaux, au carrefour de la gastronomie et de la botanique.

Mes petites expériences.

Autant l’avouer, j’ai démarré humblement avec les trognons de poireaux. Une fois satisfaite du résultat, je suis passée à la carotte, puis à l’ananas. Je poursuis aujourd’hui avec la mangue et le kiwi.

Commençons donc à petit pas. Lorsque éplucherez votre prochain poireau, conservez le pied coupé 2 à 3 cm au dessus de la base racinaire. Taillez allègrement les racines, pour stimuler la repousse. Placez le pied de poireau dans un petit contenant avec un fond d’eau. Veillez à maintenir les racines immergées mais ne mouillez pas le tronc du poireau, sous peine de pourriture. Vérifiez le niveau d’eau quotidiennement, il faut qu’elle soit claire, et que l’ensemble dégage une bonne odeur de poireau, et non de marigot. Vous verrez progressivement le cœur du poireau verdir, puis pousser. Quand votre poireau a la taille d’un crayon, vous pouvez le mettre en terre.

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Petits poireaux devenus grands.

La repousse de carotte fonctionne sur le même principe, mais au lieu de conserver le pied, on garde la tête.  Coupez la partie de la carotte située sous les fanes, à 2 ou 3 cm, et immergez là de la même manière que le poireau. De petites racines blanches vont se développer. Les fanes vont repousser très rapidement, et vous pourrez les consommer. Attention, la carotte, elle ne repoussera pas…

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Les jolies fanes de carottes

Etape supérieure : l’ananas.

On s’est fait la main sur le poireau. Avec l’ananas, on rentre dans le franchement amusant.

Tordez vigoureusement la couronne de feuilles de l’ananas en la faisant pivoter, suffisamment fort pour la faire craquer. Si vous n’avez pas assez de force, vous pouvez couper juste sous le panache de feuilles. Supprimez délicatement les feuilles basses, en les tirant vers le bas. Vous verrez apparaître des vermicules bruns, qui seront de futures racines. Même programme que pour les autres repousses : immersion de la base dans l’eau, vérification soigneuse du niveau d’eau et de sa qualité, et patience. Les racines se développent en quelques semaines. Lorsque les racines font dix centimètres, vous pouvez planter votre ananas en terre. Placer le pot dans l’endroit le plus ensoleillé de la maison, et veillez à n’arroser que lorsque la terre est vraiment sèche, car les racines pourrissent facilement. Et ensuite, ça se corse.

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Ananas et ses petites racines.

Obtenir un fruit d’ananas relève de la magie noire. Lorsque l’ananas a trois ans, il est prêt à fleurir, mais la fleur ne vient pas toute seule… Placez l’ananas dans son pot, dans un sac plastique noir. Avant de fermer le sac déposez un demie-pomme, chair vers le bas, sur la couronne de feuilles, et l’autre moitié de la pomme, chair vers le bas sur la terre. Fermez le sac, et attendez deux à trois semaines, que l’éthylène dégagé par la pomme fasse son effet. Lorsque vous enlèverez le sac, vous pourrez voir le début d’un bourgeon naître au milieu des feuilles. Dans six mois, ce sera une fleur. Tadaaa !

 Je vous laisse, je vais faire pousser des kiwis.

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Graines de kiwis, prêtes à passer six semaines au frigo avant la plantation.

 

PS : Et je m’aperçois que ce livre existe en français : Planter ses noyaux.

2 thoughts on “Ne faites pas que manger. Cultivez vos déchets !

  1. Beatrice garnier says:

    Merci Stéphanie pour tes merveilleuses idées ! J’ai toujours autant de plaisir à les découvrir, d’ailleurs je les attends!!
    Bon, on n’a toujours pas calé une rencontre à la maison…

    • mllegreen says:

      IL va falloir synchroniser nos agendas!
      Si tu te sens la fibre expérimentale, je me suis aperçue que le livre a été traduit en français : Planter ses noyaux (lien à la fin de l’article).

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