Oya

Oya, la bonne cruche.

Les oyas, vous connaissez ? Rien à voir avec une déesse caribéenne. Il s’agit de jatte en terre cuite que l’on enterre dans le sol pour mieux gérer l’irrigation au potager. Une bénédiction en ces temps de sécheresse.

Un usage raisonné de l’eau au potager.

Le manque d’eau devient un inquiétant problème. A ce jour 83 départements français sont concernés par des restrictions d’eau. Nous commençons peu à peu à sortir de notre zone de confort, et il est temps de mettre en place des gestions vertueuses de l’eau à notre petit niveau.

Le potager est un lieu qui réclame de l’eau régulièrement. Vous connaissez certainement l’adage : « Plus on arrose… plus on arrose ». Les plantes s’habituent rapidement à un arrosage régulier, et ces paresseuses ne prennent plus la peine de faire descendre leurs racines profondément en terre pour chercher de l’eau. Il est donc plutôt bénéfique pour la plante de ne pas trop arroser, pour la forcer à s’enraciner profondément. Soit. Mais on ne peut se passer totalement d’eau.

Petit rappel pour les jardiniers. On arrose le soir, à la tombée du jour, pour limiter l’évaporation / on n’arrose pas les feuilles, pour limiter les maladies / on a la main lourde sur le paillage, pour maintenir l’humidité.

Essayez au maximum de récupérer l’eau de pluie pour arroser. J’utilise d’anciens abreuvoirs de ferme, qui se remplissent via les tuyaux des gouttières. Pour éviter la prolifération de larves de moustiques dans les abreuvoirs, j’y fait vivre quelques couples de poissons rouges qui se chargent de tout dévorer.

Oyas
Une oya mise en terre.

Les oyas.

Cela fait quelques temps déjà que l’irrigation de mon potager me pose problème. Elle me demande d’incessants allers-retours avec mes arrosoirs, bien trop fréquemment. Je suis pour les jardins de paresseux et j’ai donc cherché des solutions mieux adaptées. # vivelapermaculture. J’ai découvert les oyas récemment, et je les ai testé cette année avec un franc succès.

Le principe repose sur la porosité de la terre cuite et la capacité des plantes à envoyer leurs racines là où l’eau se trouve.

Les oyas sont des pots de terre cuite, non vernissés, donc poreux. Le pot est enterré jusqu’au col, on le remplit d’eau puis on repose le couvercle. La terre cuite va lentement laisser filtrer l’eau dans le sol, et les racines  vont venir puiser dans cette humidité pour satisfaire les besoins de la plante. On s’aperçoit d’ailleurs que les racines viennent littéralement entourer l’oya pour être au plus près de la source d’eau.

C’est une irrigation, lente, régulière et très économe. Les oyas que j’utilise contiennent environ deux litres d’eau, elles sont placées chacune entre trois pieds de tomates, et elles se vident en une dizaine de jours. Inutile de vous dire que mes tomates n’ont pas senti passer la canicule.

Oya
Une fois remplie, elle permet de limiter les arrosages au potager.

Où trouver des oyas ?

C’est ici que ça se corse. Les oyas sont assez difficiles à trouver. J’ai acheté les miennes sur Etsy. Comptez à peu près 15 euros par oya.  J’ai également contacté des potiers locaux pour en faire fabriquer dans la région. Je vous tiens au courant si vous êtes intéressés.

Vive les légumes libres et les racines profondes !

permaculture
Deux oyas vides attendent de trouver leur place au potager

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