permaculture

Résilience. Du latin resilio : rebondir.

C’est aujourd’hui la journée mondiale de l’environnement. Encore un machin onusien qui ne sert pas à grand chose, me direz-vous… Peut être. Mais si cette célébration est dénuée d’effets, il y a au moins des milliers de blogueurs à travers le monde qui y consacrent leur chronique du jour. Donc ça sert au moins à faire passer le message, et c’est déjà ça. J’ai choisi de vous parler de résilience.

Qu’est ce que la résilience ? C’est l’aptitude d’un système à supporter des changements profonds tout en continuant à fonctionner. Dans l’aérospatiale, c’est la tolérance à la panne et la capacité à fonctionner en état dégradé et en milieu hostile. Pour les écologues, c’est la faculté d’un écosystème, d’une espèce ou d’un individu à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation. La capacité d’un matériau à résister aux chocs. Du latin resilio: rebondir.

Est résilient ce qui n’a pas besoin d’assistance en cas de modification des conditions d’existence. Vous voyez très bien où je veux en venir. Où en êtes-vous dans la résilience ? Quel est le niveau de résilience du système dans lequel vous prenez place ? Voici quelques suggestions de lectures pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes, qu’ils soient forêt, groupe humain ou barrière de corail, et l’infinie interdépendance des êtres vivants entre eux.

L’entraide – L’autre loi de la jungle. Un livre jouissif pour en finir avec la loi du plus fort.

L'entraide. L'autre loi de la jungle
L’entraide – Pablo Servigne – Gauthier Chapelle

 

Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, docteurs en biologie et ingénieurs agronomes, déconstruisent l’apparente évidence de la loi du plus fort. Ils nous rappellent que la compétition est évitée le plus possible par les animaux, car elle provoque des situations dangereuses, coûteuses, stressantes, et potentiellement contre-productives. Sans angélisme. « Tous les êtres vivants sont impliqués dans une relation d’entraide. Tous. L’entraide n’est pas un simple fait divers, c’est un principe du vivant. C’est même un mécanisme de l’évolution : les organismes qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas les plus forts, ce sont ceux qui arrivent à coopérer. »

Les auteurs explorent tous les types d’entraides : coopération, mutualisation, symbiose, commensalisme, etc… Arbres, champignons, mammifères, gastéropodes, autant d’exemple d’organismes vivants qui ne pourraient pas survivre sans l’association avec le membre d’une autre espèce. Les plus portées sur la chose sont les bactéries, qui depuis 3,8 milliards d’années sont la base de l’évolution de tous les autres êtres vivants et de tous les écosystèmes. Servigne et Chapelle s’attachent aussi à analyser les raisons pour lesquelles l’entraide fonctionne ou ne fonctionne pas. Les exemples sont tirés de l’économie, la biologie, la psychologie, la sociologie, les neurosciences. Le livre veut construire des ponts entre les disciplines et les citoyens, pour ce que les auteurs nomment « le chantier du siècle ». Déconstruire le mythe de la compétition est urgent, parce qu’à force de dire que c’est la seule voie possible, elle va finir par le devenir…

L’entraide. L’autre loi de la jungle. Pablo Servigne / Gauthier Chapelle

La sixième extinction. Un œil inquiet sur la planète.

Prix Pullitzer
La sixième extinction – Elizabeth Kolbert

Le rythme « normal » de disparition des espèces est environ d’une disparition tous les 700 ans. Faites le calcul : combien d’espèces ont disparu depuis que vous êtes en âge de lire le journal ?  Nous sommes entrés dans la sixième d’extinction de masse. Pour les paléontologues, les disparitions simultanées d’innombrables espèces s’expliquent par la modification soudaine et radicale des règles habituelles de la survie.  »On estime qu’un tiers des coraux, un tiers des mollusques d’eau douce, un tiers des requins et des raies, un quart de tous les mammifères, un cinquième de tous les reptiles et un sixième de tous les oiseaux sont en voie d’extinction. Ces disparitions d’espèces surviennent partout sur le globe. Si vous savez où regarder, vous pouvez probablement trouver dans votre propre jardin des signes révélateur de l’extinction de masse en cours. » Elizabeth Kolbert propose un travail journalistique de grande qualité, dans un style très agréable et vivant, qui ne nous noie pas dans le jargon scientifique. Son livre a obtenu le prix Pullitzer.

Chaque chapitre du livre est un article, pour lequel l’auteure s’est rendue dans une mission scientifique, interrogeant les spécialistes qui y travaillent et participant aux observations. Elle a rencontré des paléontologues, géologues, biologistes, entomologistes, herpétologistes… Il en ressort une approche pragmatique de la notion d’écosystème et d’interdépendance des espèces, et une grande proximité avec la démarche de recherche scientifique. Forêt primaire andine, barrière de corail, grenouilles, rhinocéros, de nombreuses thématiques sont l’occasion de réfléchir au fonctionnement de la planète.

Elizabeth Kolbert retrace également l’histoire scientifique, avec le découverte par Cuvier du principe même de disparition d’espèce et les extinctions de masse passées. Ben oui, c’est bête hein, mais avant 1810, on pensait que tous les animaux avaient toujours été là et seraient toujours là. On revient également sur les discussions en cours à propos de l’Anthropocène. Ou comment l’ingéniosité d’une espèce la conduit à modifier sa biosphère dans des proportions telles, qu’elle provoque l’extinction massive des autres espèces avec lesquelles elle partage son habitat… Passionnant, et un peu flippant.

La sixième extinction. Elizabeth Kolbert.

La Permaculture. Pour les bâtisseurs de grands projets.

design permaculturel
La Permaculture – Grégory Derville

C’est un ouvrage théorique, pas forcément accessible aux débutants, mais qui à le bon goût de nous faire comprendre la démarche globale de la permaculture. Et oui, la permaculture ce n’est pas que le potager en forme de mandala… L’auteur présente la permaculture en tant que système de pensée, avec les différentes éthiques, règles et techniques qu’elle peut apporter à notre quotidien. Il réfléchit sur la base d’un écosystème dans lequel l’homme est présent mais opère un minimum d’intervention, ce qui change un peu. Il propose une stratégie de design en permaculture qui permet de mettre en œuvre des objectifs concrets dans des domaines précis : économiser l’eau et l’énergie, habiter des espaces résilients, recycler les déchets, etc…

Je recommande la lecture à tous ceux qui souhaitent imaginer et concevoir un projet permaculturel. Le livre peut s’avérer très utile en amont et alerter sur un certain nombre d’erreurs. Toutes les étapes de réflexion sont abordées. Cependant pour ceux qui aurait besoin d’un guide de mise en place pratique, il existe des ouvrages plus didactiques.

La Permaculture. En route pour la transition écologique. Gregory Derville.

Voici de quoi alimenter vos réflexions, et prendre conscience de l’écosystème auquel vous appartenez, qu’il soit humain ou non. N’hésitez pas à commenter !

2 thoughts on “Résilience. Du latin resilio : rebondir.

  1. Bonheur du Jour says:

    Tous ces livres sont vraiment intéressants. Merci beaucoup.
    A propos de la résilience, j’ai lu tous les livres de Boris Cyrulnik, le grand spécialiste de cette question en France. Un homme exceptionnel.
    Bon week end.

    • mllegreen says:

      Bonsoir, je n’ai jamais lu B. Cyrulnik, je vais m’empresser de chercher à la bibliothèque. Belle soirée à vous.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *