Le sapin de Noël n’est pas mort. Fabriquez-le.

A Noël, il y a deux écoles, les sapins et les pas-sapins.  J’ai une pensée amicale pour ma belle sœur qui aime les sapins moelleux qui bruissent quand on les enlacent. Personnellement je ne me sens pas très concernée. Je n’ai jamais eu de tendresse particulière pour ce bout de bois mort qui se dessèche et perd ses aiguilles. Au fil des années j’ai fait autrement, des bouquets de branches sur lesquelles suspendre des décorations de Noël, ou rien du tout. Mais maintenant ça y est, j’ai des enfants, et on est faible quand on a des enfants. « Pourquoi il n’y a pas de sapin, maman ? » Parce que je ne vois pas l’intérêt de couper un arbre pour suspendre des boules dedans, et le jeter au bout de trois semaines. Voilà pourquoi. Évidemment, ça ne suffit pas. Évidemment, il faut que je m’y mette.

Première étape, le sapin naturel en pot.

Pour ne pas couper inutilement un arbre, le sapin en pot semble la meilleure solution. L’arbre n’est pas scié pour notre bon plaisir, il est prêt à replanter après utilisation.

Mais attention, petit rappel avant achat,  la culture du sapin n’est pas aussi bucolique que l’imagerie d’antan. Le petit sapin qui pousse tranquillement dans sa forêt, entre un chêne et un châtaigner, sur un sol moussu et dans un écosystème préservé… La réalité est plus proche d’un alignement de sapins, comme un bête champ de maïs, qu’on viendra récolter pour la saison hivernale. Au moment de l’achat, si on sélectionne un arbre qui a poussé en France, à fortiori produit localement de manière raisonnée, le bilan est plutôt alléchant. Pas trop de pesticides pour le faire pousser, pas trop de carbone pour le transport. On peut s’accommoder du caractère monoculture intensive si on considère que le sapin absorbe du CO2 lors de sa croissance. Il bosse un peu pour la planète avant de faire un passage dans le salon.

Donc acheter un sapin en pot, et le replanter. Oui mais. La plantation n’est pas si simple. Après un mois passé dans un intérieur chauffé, la reprise en terre est extrêmement hasardeuse. En général il se dessèche avant de mourir. L’idéal est de rempoter le sapin avant de l’installer à l’intérieur, car souvent les contenants sont trop petits, les racines sont compressées, pas assez hydratées, ni nourries. Pensez à ne pas mettre votre sapin près d’une source de chaleur, humidifiez-le si vous pouvez. Au moment de le replanter, faites vite, et soyez généreux en tout. Terre, humus, eau. N’oubliez pas non plus qu’un sapin devient très grand. A moins d’avoir l’espace pour faire pousser une forêt entière dans votre jardin, le stratagème du sapin en pot ne pourra pas être reproduit chaque année pendant 25 ans…

Sapin de Noël sont devenus grands
Les petits sapins de Noël ont bien grandi…

Et pourquoi pas un sapin artificiel ?

Si on n’est pas favorable à la monoculture intensive du sapin ou au fait de couper des arbres pour décorer, on peut envisager l’achat d’un sapin artificiel.

La fabrication du sapin de Noël requiert des matériaux cra-cra non renouvelables: PVC, plastique, métaux divers, solvants, peinture. Certes, me direz-vous, mais on le garde, donc c’est moins grave. Effectivement, mais la durée de vie d’un sapin artificiel n’excède pas 5 ou 6 ans, et ensuite? Ensuite, direction déchetterie pour une incinération en bonne et due forme, recrachant les polluants dans la nature. On peut ajouter à cela l’empreinte carbone d’un produit très souvent fabriqué en Asie, et qui n’arrive pas jusqu’à nous sur un tapis volant… N’oublions pas également que ces matériaux ne sont pas inertes, et qu’ils dégagent aussi certaines de leurs molécules dans nos intérieurs. De quoi sérieusement gâcher la dégustation de la dinde aux marrons.

Selon une étude canadienne (ici), le sapin artificiel produit 8,1 kilo de CO2 par, an, contre 3,1 pour le sapin naturel. Le sapin artificiel commence à avoir un bilan carbone intéressant (par rapport au sapin naturel) au bout de 20 années de bons et loyaux services. Ce qui nous fait beaucoup de pollution pour pas grand chose. Pour en savoir plus sur le match sapin naturel contre sapin artificiel, ConsoGlobe fournit de très bonnes données ici.

Certains sont vendus déjà décorés : youpi, gain de temps !

Voici donc mon sapin de Noël en bois.

Bref, choisir un sapin, c’est un peu la quadrature du cercle. Heureusement, des hordes de bricoleurs ont dégainé leurs pistolets à clous, et le mouvement « Sapin de noël en bois » est né! Je me suis largement inspirée des nombreuses démonstrations dont Internet regorge pour bricoler, et voici donc un sapin en bois recyclé, durable et sans chichi.

J’ai découpé les différentes planches de récupération de manière à créer les étages du sapin, en formant des pointes au bout, comme dans les dessins d’enfants…

 

Découpage à la scie sauteuse, pour plus de régularité.

Puis j’ai tout assemblé sur un tasseau large, en laissant un espace entre chaque étage pour que ce soit plus joli. J’ai ensuite coupé le tasseau au ras du premier étage, pour la stabilité de l’ensemble. Le sapin sera adossé à un mur, donc il n’a pas besoin de pied.

Sapin de Noël
Découpage terminé, plus qu’à assembler.

J’ai percé des petits trous dans les planches, pour glisser les Leds d’une guirlande lumineuse. J’ai également ajouté des petits clous pour accrocher les boules et les étoiles en pâte à sel. En haut, c’est vous qui voyez, vous pouvez mettre une étoile, un bonhomme de neige, un livre, une photo de votre chat…   Joyeux sapin !

Et hop, une animation kitsch… C’est Noël !

2 thoughts on “Le sapin de Noël n’est pas mort. Fabriquez-le.

  1. Beatrice garnier says:

    Ce melle Green!!
    Quelle bonne idée ce sapin en planches!
    J’y ai bien pensé… j’ai ramené de grands cartons de l’école, avec l’idée d’en fabriquer un.
    On va tester l’un ou l’autre, atelier bricolage prévu pour ce prochain w.end🎄🎄
    Merci de tes précieux renseignements,
    Au plaisir de te lire, en attendant bonnes fêtes de fin d’année
    Bea

    • mllegreen says:

      Bon bricolage ! Envoie moi des photos de ta réalisation!

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